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Contribution de Jean Mpongo Vedi, Mayidi, Bas Congo (RDC)

La révolution culturelle mondiale, holistique et subreptice, n’épargne pas l’Afrique.

Chaque culture a quelque chose de particulier à enseigner au monde. La contribution de chacune doit être reconnue comme recevable et appréciable. Mais le sage doit discerner pour éviter les égarements qu’engendre telle ou telle culture.

Les sociétés occidentales tendent à être régentées par des accords d’intérêt conclus par voie démocratique, la recherche du profit maximal, la sauvegarde des droits de l’homme et la liberté de choisir, la justice, le texte écrit au caractère circonstanciel et mouvant, soumis à des interprétations multiples suite au refus de toute vérité absolue qui traverse la postmodernité occidentale.

Dans la tradition de la palabre africaine, le pouvoir est gérontocratique, dans la mesure où le chef traditionnel africain gouverne son peuple comme un patriarche sa famille, trop pénétré de sa responsabilité pour supporter la contradiction, mais assez généreux pour veiller au bonheur de tous. La justice n’a qu’un caractère curatif pour remédier à un mal social en vue d’harmoniser les relations du groupe. Les amandes et sanctions sont souvent symboliques.

Le consensus postmoderne occidental s’impose à tous en usant de sa meilleure arme, la non définition claire des concepts. Exaltant l’arbitraire et le droit de choisir, la postmodernité contredit le caractère normatif transcendantal essentiel à tout consensus.

Les transgressions les plus graves et les plus choquantes sont désormais vues en Afrique comme des violations des droits de l’homme alors que jadis, on pouvait parler de blasphème, de trahison de la tribu ou d’infraction aux règles de la famille et de la sexualité. Le mal se définit aujourd’hui comme une atteinte aux droits. Le sexe perd le caractère sacré qu’il avait dans les sociétés africaines d’antan. Notre humanité et notre foi se déconstruisent sous l’égide des humanistes déguisés placés aux hautes fonctions des organes censés faire une évaluation forte des fins qui motiveraient nos actions pour fonder une humanité reposant, non sur une « dictature du relativisme », mais sur des valeurs transcendantales.