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14.- Le plan de développement post-2015 de l’ONU : absolutisme du développement durable

Série « signes des temps »

Par Marguerite A. Peeters

Un Sommet convoqué au niveau des chefs d’Etat se tiendra aux quartiers généraux de l’ONU à New-York du 25 au 27 septembre prochains en vue d’adopter un nouveau plan de développement mondial comprenant des Objectifs de Développement Durable. Le pape François, alors en voyage aux Etats-Unis, prendra la parole à la tribune de l’ONU le 25 septembre.

Contrairement aux Objectifs de Développement du Millénaire (expirant en septembre prochain), qui concernaient principalement les pays en voie de développement, ce nouveau « plan » onusien, qui les substituera, sera « mondial » : il sera d’application dans les 194 états-membres de l’ONU. Il devrait avoir une durée de validité de 15 ans durant lesquelles, affirme la gouvernance mondiale, l’humanité aurait la possibilité, qui ne se serait encore jamais présentée dans son histoire, d’« éradiquer la pauvreté », du moins l’extrême pauvreté, pourvu qu’elle se conforme à ses normes.

Le sommet de New-York sera précédé, du 13 au 16 juillet, de la Troisième Conférence Internationale sur le Financement du Développement qui se tiendra à Addis Abeba, Ethiopie - où le Secrétaire Général de l’ONU espère que sera adopté un « contrat pour un partenariat mondial ». Il sera suivi de la 21ème session de la Conférence des Parties de la Convention Cadre de l’ONU sur le Changement Climatique qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre, où pourrait être adopté un accord dit « universel » sur le climat.

S’il est un mot qui caractérise la perspective de la gouvernance mondiale pour les 15 années à venir, c’est celui d’intégration. Selon l’ONU, le nouveau plan de développement doit être unifié par l’intégration transversale de tous ses domaines d’activités les uns dans les autres (économiques, sociaux, environnementaux et climatiques, politiques). Il doit aussi être unifiant – unifiant l’humanité entière, non seulement les gouvernements mais tous les acteurs sociaux et tous les « citoyens mondiaux » autour du développement durable.

L’ONU parle de « plan universel ». Subrepticement, le développement durable devient pour l’humanité le fondement de l’universalité. Or une éthique purement laïque inspire le développement durable. Cette éthique prouve par plusieurs de ses composantes s’être coupée de la loi que Dieu a inscrite dans le cœur de tous les hommes et s’être ainsi absolutisée. Le développement durable intégrant toutes les composantes de la plateforme politique onusienne, il incorpore notamment la perspective du genre et la santé de la reproduction. Il se fonde également sur une relation très ambivalente entre l’homme et le reste de la création, le premier étant le plus souvent présenté non dans sa dignité transcendante mais avant tout comme pollueur et prédateur. La Terre-Mère, en revanche, serait notre véritable origine commune, la source de notre vie. Ainsi la révolution, après avoir tué le père, veut préserver la « Mère ». Elle a fait une caricature diabolique aussi bien du père, oppresseur de notre liberté, que de la mère, source païenne de toute vitalité.

Utopisme (« éradication de la pauvreté »), alarmisme (la survie des espèces, y compris humaine, est en jeu d’ici la fin du 21ème siècle) et messianisme (la gouvernance mondiale vient nous sauver) s’entremêlent dans le nouveau plan de développement – à la fois « mondial », « universel » et « planétaire ».