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La réforme de l’Architecture du Genre de l’ONU

A la suite de la conférence onusienne de Pékin sur les femmes de 1995 où le concept ambivalent de « gender » (égalité des sexes) est devenu l’objet d’un soi-disant « consensus mondial », les capacités institutionnelles normatives et opérationnelles de l’ONU et de la gouvernance mondiale en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes ont été considérablement renforcées. Voici quel est le profil de l’architecture du genre actuelle :

1.- Quatre entités « spécifiquement » mandatées pour s’occuper d’égalité des sexes :

  • DAW : Division pour l’Avancement des Femmes, faisant partie du Secrétariat ;
  • OSAGI : Bureau du Conseiller Spécial sur les Questions de Genre et l’Avancement des Femmes, créé en 1997 après Pékin et faisant partie du Secrétariat ;
  • UNIFEM : Fonds de Développement de l’ONU pour les Femmes, créé en 1976 après la première conférence onusienne sur les femmes de Mexico ;
  • INSTRAW : Institut International de Recherche pour l’Avancement des Femmes, créé également en 1976.

2.- Après Pékin, l’ONU a intégré la nouvelle perspective du gender à travers tout son système. La réalisation de la perspective du genre est maintenant considérée comme appartenant au « mandat » de toutes les organisations du système onusien (Départements et Bureaux du Secrétariat, Fonds, Programmes et Agences Spécialisées).

3.- Après Pékin également : création d’unités du gender, de conseillers en matière de gender et de points focaux départementaux à travers tout le système.

4.- Au niveau régional, les commissions régionales de l’ONU « aident » les Etats-membres à intégrer la perspective du gender aux niveaux régionaux et sub-régionaux.

5.- Au niveau des pays, des groupes thématiques du gender contribuent à et surveillent l’intégration de la perspective du gender dans le travail des équipes onusiennes travaillant au niveau national.

En dépit de la machinerie impressionnante déjà en place, les agents du changement en faveur de l’égalité des sexes veulent aller plus loin. Ils veulent donner à l’architecture du genre de l’ONU un « conducteur reconnu », davantage d’autorité, une plus grande capacité de diriger et des ressources financières prévisibles et considérablement supérieures. Selon eux, la nouvelle architecture doit avoir les caractéristiques suivantes :

  • Efficacité et continuité opérationnelles et normatives « sans couture ».
  • Leadership analytique, normatif et opérationnel.
  • Conducteur unique de l’intégration de la perspective du gender au niveau mondial.
  • Niveau d’autorité requis pour exiger de toutes les entités une performance.
  • Coopération et construction de capacité technique ciblées au niveau national.
  • Organe de collaboration entre les Etats-Membres, le système onusien et la société civile, particulièrement les ONGs et réseaux de femmes.

©2009 Marguerite A. Peeters
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